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Il se lève et crie "tique!!!"

Rubber, psychanalyse d'un pneu des plaines.

9 Février 2014, 03:17am

Publié par Jean-baptiste

Il étais une fois, dans un univers d'histoires pas chers, de films se rapprochant inexorablement de copies imparfaites d'un même scénario. Dans un monde remplit de contes pour adultes, où beaucoup deviennent rapidement de grosses productions perdant leurs âmes.

Dans cet univers là, où les bons films deviennent de plus en plus rare, où le travail des réalisateurs, des monteurs, des scénaristes et de toutes autres personnes participant à la création d'une oeuvre filmique devient de plus en plus facilité par les nouvelles technologies, rendant des scènes tellement fade que l'on peut si ennuyer (alors que le cinéma est normalement un divertissement) .

Dans cet univers, il existe encore des films, des vraies. Ceux qui nous font rêver. Ceux qui nous font rire ou pleurer. Et il y a ceux qui sont absurdes, se moquant justement de tout ce que je viens de citer. Il y a ceux qui rendent hommage au cinéma, des fois de façon très inattendu même.

Et il y en a un. Unique. Improbable. Vraiment très absurde. Il y a RUBBER.

Dans une réalisation au montage formidable, dans un univers à prendre au cinquième degrés, nous découvrons un film rendant hommage au grand cinéma de la façon la plus bizarre qui soit: par ses petits défauts. Il ouvre avec un monologue sur le "sans aucune raison" du cinéma mondial et surtout occidental, et nous fais voyager dans une heure vingt de délire.

Nous voyons un pneu qui roule comme s'il vivait, des spectateurs regardant un film à travers des jumelles dans un désert et plein de petites séquences qui sont de vraies pépites cinématographiques.

Un pneu tueur, des personnes le regardant comme s'il était une création virtuel, il ne manque rien. C'est absurde, ridicule, et pourtant c'est diablement bien, imaginez que, pendant plus d'une heure, on regarde un pneu. Un pneu filmé avec des séquences dignes d'un acteur de talent, des images éblouissantes.

Dans le grand cinéma occidental, il nous manqué un film comme RUBBER.

Comment pouvez vous rire et voir le cinéma moderne sans comprendre que ce film est une oeuvre magistrale?

A voir, à revoir, à comprendre, à savourer.

A+

Dans le film de Steven Spielberg E.T., pourquoi l’extraterrestre est-il marron ? Aucune raison. Dans Love Story, pourquoi les deux personnages tombent-ils amoureux l’un de l’autre ? Aucune raison. Dans JFK d’Oliver Stone, pourquoi le Président se fait-il subitement tuer par un inconnu ? Aucune raison. Dans l’excellent Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper, pourquoi les personnages ne vont pas aux toilettes et ne se lavent pas les mains, comme dans la vraie vie ? Absolument aucune raison. Pire, dans Le Pianiste de Polanski, pourquoi le type doit-il se cacher et vivre comme un clochard, alors qu’il joue si bien du piano ? Encore une fois, la réponse est… aucune raison. Je pourrais continuer des heures, la liste est sans fin. Vous n’avez sans doute jamais remarqué, mais tous les grands films, sans exception, contiennent une part importante de “Aucune raison”. Vous savez pourquoi ? Parce que la vie elle-même contient des tonnes de “Aucune raison”.

Rubber.

Rubber, psychanalyse d'un pneu des plaines.

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